Cinéma #19 – Suprêmes

Défi calendrier de l’Avent : Jour 20 sur 24

Bonjour, bonsoir à tous, c’est Komorebi. J’ai découvert récemment Suprêmes et j’ai envie d’en parler. N’hésitez pas à passer une petite tête dans les commentaires, qu’importe pourquoi d’ailleurs. Allez, on accélère tout ça et on lance cet article.


Qu’est-ce que c’est ?

Réalisation : Audrey Estrougo
Scénario : Audrey Estrougo, Marcia Romano
Musique : Cut Killer
Acteurs principaux : Sandor Funtek, Théo Christine, César Chouraqui, Félix Lefebvre
Sociétés de production : Nord-Ouest Films, Artémis Productions
Pays d’origine : France, Belgique
Genre : biographie musicale
Durée : 112 minutes
Sortie : 2021

Suprêmes est né de l’envie d’Audrey Estrougo de réhabiliter le hip hop en France, qui a souvent été dénigré et reste stigmatisé malgré son immense popularité. Sur les conseils d’une amie, elle a lu l’autobiographie de JoeyStarr, Mauvaise réputation, et a vu dans l’histoire de NTM l’occasion de rendre hommage au hip hop : « Ce sont eux qui l’ont fait naître et transformé en une culture populaire. C’est alors que cette réalité est venue percuter une autre envie : évoquer le versant social et politique de l’histoire du rap. Car les NTM étaient les porte-drapeaux d’une jeunesse, dont ils portaient un message, et quand on met en perspective leurs textes et leur musique, on constate qu’ils sont brûlants d’actualité. Ils avaient l’espoir de faire bouger les lignes avec leur musique, et trente ans après, rien n’a changé. Avec ce film, je voulais aussi raconter trente ans d’abandon des jeunes par les politiques. »

Pour la réalisatrice, il était impossible de faire un documentaire car chaque protagoniste de l’histoire a son propre point de vue sur ce qui s’est passé. Suprêmes est fait selon son propre prisme. Elle a voulu faire un film très réaliste sur le contexte et l’environnement, la part de fiction se concentre dans les rapports entre JoeyStarr et Kool Shen : « C’est par cette relation que passent beaucoup de ressorts dramatiques et c’est ce qu’il y a de plus complexe et de plus passionnant. C’est à partir de cette matière qu’a émergé mon regard. Par exemple, dans le film, Didier et Bruno se disent les choses beaucoup plus facilement que dans la vraie vie. »

1989. Dans les cités déshéritées du 93, une bande de copains trouve un moyen d’expression grâce au mouvement hip-hop tout juste arrivé en France. Après la danse et le graff, JoeyStarr et Kool Shen se mettent à écrire des textes de rap imprégnés par la colère qui couve dans les banlieues. Leurs rythmes enfiévrés et leurs textes révoltés ne tardent pas à galvaniser les foules et … à se heurter aux autorités. Mais peu importe, le Suprême NTM est né et avec lui le rap français fait des débuts fracassants !


Ce que je n’ai pas aimé :

  • Des points qui ne vont pas vraiment quelque part :

Je sais que nous sommes face à la vie, la vraie. Et que dans celle-ci, tous les éléments n’ont pas un sens complet. Il y a des éléments, des personnes, des situations qui ne sont que des figurants dans notre propre vie alors qu’ils arrivent ou interagissent à un moment quand même. Et pourtant, comme les membres autour du projet de Suprêmes ont pris le pari d’en faire un film, il y a peut-être des éléments qui peuvent être éludés pour éviter des mises en place qui ne mènent finalement à rien et qui prend du temps sur ce qui est vraiment important pour le vrai sujet. C’est justifié pour la véracité mais ce n’est pas forcément tout le temps des plus pertinent. Je pense ici notamment à l’histoire des deux manageurs du groupe. En effet, le premier est censé pouvoir raconter bien des choses pour expliquer les coulisses du monde de la musique mais finalement il ne sert qu’à être le premier. On aurait pu nous montrer une synergie entre les deux et une émulsion qui rend le tout plus impressionnant. Mais non, le premier ne leur fait faire que les premières mini salles et leur justifie le fait de continuer puis disparait du scenario d’un coup. C’est la vie mais c’est étrange dans un récit. Notamment quand le deuxième vient de deux mondes très différents par rapport à notre petit groupe mais les soutiens vraiment en leur ouvrant des portes qui paraissaient vraiment loin. C’est encore une fois une question importante entre véracité historique et rapprochement avec un pur produit de cinéma. Et là le mélange ne me convainc pas sur deux ou trois points malheureusement. Je n’ai évidemment rien contre Franck Chevalier, qui doit d’ailleurs avoir joué un rôle important, je ne fais que parler d’un film là.


Ce que j’ai aimé :

  • Un point que j’aurai pensé négatif jusqu’à la toute fin :

Nous étions face à un point que j’ai trouvé très compliqué pendant mon visionnage ! En faisant la magnifique mise en page de cet article, je viens de voir que ce long-métrage a une durée de 112 minutes. Je trouve donc ça impressionnant que je n’ai pas trouvé ça long une seule seconde. Par contre, cela me rend encore plus compliqué ce point que j’ai trouvé faible tout le long du visionnage. C’est-à-dire que nous sommes face à 1h52 d’enchainement d’images et il n’y a absolument pas un seconde où il n’y a pas de sons. Il y a constamment des grandes gueules, de la musique, le dur bruit des rues ou n’importe quel accompagnement car le film ne se pose pas une seconde. Cela ne pose pas de problème dans la façon de raconter l’histoire car cela prend sens avec l’environnement dur ou musical autour des personnages. Mais c’est compliqué de tenir presque 2h face à autant d’énergie constamment. Voilà pourquoi j’aurai fais de cette idée un point négatif pour moi. Mais dans les dernières scènes, il y a un silence total, plus aucun son pendant peut-être une grosse minute car un personnage arrive enfin à remettre les pieds sur terre et la scène est vraiment marquante à un point inimaginable grâce à cet unique silence. Et le retour au son l’est tout autant d’ailleurs car c’est vraiment un retour par un bruit viscéral, qui a un sens fou et qui fait un bien fou. Et je trouve cela dingue de transformer un point que j’avais trouvé un peu inconfortable en quelque chose d’aussi fort dans les derniers moments. Et rien que pour ça, je prends largement volontiers ce long-métrage. Et c’est un plaisir de voir que ça ne concerne ni les personnages ni l’histoire pour une fois.

  • Le duo principal :

Autant les petites histoires m’ont perturbé tant elles n’avaient pas forcément une importance suffisante pour avoir un réel intérêt cinématographique mais c’est absolument normal pour la vie qui a moultes petites histoires qui passent à côté de la grande. Autant la grande histoire que nous présente ce long-métrage marche vraiment plus que très bien sur moi. Alors que là aussi ce n’est presque que la vie comme je viens de le voir sur le journal télévisé de France 2 qui vient de montrer une interview qu’il y a dans le film et qui se ressemble. Bref, là nous avons un duo principal purement cinématographique et passionnant à suivre d’un bout à l’autre. Didier Morville, JoeyStarr de son nom de scène n’a aucun point d’attache, n’a rien à perdre et n’a plus espoir en rien à cause de son environnement et de ses expériences terribles. Musicalement, il n’a donc pas vraiment d’ambitions, il n’est pas travailleur, il est instinctif et il est prêt à utiliser des textes écrits il y a bien longtemps ce qui montre que sa vie n’évolue absolument pas. C’est une boucle terrible et un personnage réel purement cinématographique vu le nombre d’obstacles sur son parcours; Heureusement il y a Bruno Lopes, Kool Shen de son nom de scène, qui à un environnement bien plus agréable et qui a une réelle idée de ce qu’il veut faire. Il veut quitter un boulot aliénant qui ne lui plait pas, il est réfléchi, il écrit constamment, il est sérieux et il a de grandes ambitions en terme de musique. Il est donc un pilier essentiel à l’avancée de Joeystarr pendant que celui-ci lui apporte une énergie et des messages encore plus touchants, ce qui forme un duo excellent. Un duo qui l’est encore plus tant il rime toujours avec l’actualité et les grands messages politiques sur les jeunes et les cités de la création du groupe à maintenant. Et c’est vraiment passionnant à suivre. Le groupe n’est pas composé que de eux deux évidemment mais ils sont vraiment le moteur global autant du groupe que du long-métrage. Voilà pourquoi je ne m’attarde que sur eux et sur le côté purement politique de ce qu’ils font, qu’ils le veuillent ou non.

  • Oh doucement papa, mollo :

Vous ai-je déjà dit que le JoeyStarr était au final le personnage le plus cinématographique car c’est celui sur lequel vont les obstacles et qui a donc le plus besoin de changer ou d’évoluer ? Je parlais du fait qu’il n’avait pas d’attache, ni d’espoir ni rien en fait. Et on nous présente dans le long-métrage, car c’est plus qu’essentiel pour expliquer pourquoi il est comme ça, son père et la façon dont il le traite. Les relations familiales sont vraiment parmi les sujets qui me plaisent le plus à traiter même sil y en a beaucoup et partout. Et là, c’en est une vraiment terrible avec un grand froid des deux côtés car le père ne peut tirer aucune fierté du fils. Et même quand celui-ci se reprend en main et veut pouvoir partager ça, même de très loin, avec son père, le retour reste tout ce qu’il y a de plus glacial. Et mazette, que c’est dur de voir un jeune perdu vouloir uniquement recevoir un beau d’amour ou au moins pouvoir prouver qu’on peut être fier de lui et que ce n’est pas uniquement un boulet, pas uniquement quelqu’un qui détruit un nom, et ne rien recevoir de tout ça bien au contraire. En plus de cela, le personnage du père est porté par un acteur que je ne connais pas du tout, Jean-Louis Loca, mais qui a une tête vraiment remarquable et une prestance qui arrive autant à étouffer JoeyStarr alors qu’il est bavard au possible que les spectateurs eux-mêmes.


Ce qu’il me reste à soulever :

  • Ma connaissance du groupe :

Je connais évidemment le Suprême NTM de nom. Mais à part peut-être un ou deux titres sur lesquels ils sont en featuring, je n’ai vraiment rien écouté de leur part. C’est encore plus le cas avec Kool Shen que je ne connaissais pas du tout. Je connaissais quand même JoeyStarr grâce à la nouvel star, grâce à quelques films dans lesquels il joue et surtout grâce au CD Caribbean Dandee. Un cd que j’apprécie beaucoup et qui est fait en duo avec Nathy Boss. Nathy Boss qui est d’ailleurs celui qui a appris à rapper et à danser aux deux acteurs principaux du long-métrage. Et qui joue lui-même un des danseurs du groupe. Qu’est-ce que c’est beau de n’en connaitre que peu mais de voir ce genre de boucle et d’être aller voir le film quand même.


3 points positifs sur 4, soit :

15/20


Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me lire. J’espère que vous avez pris autant de plaisir à me lire que j’en ai pris à écrire. Portez vous bien, faites vous plaisir, à Komorebientôt !

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