Cinéma #06 – BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan

Bonjour, bonsoir à tous, c’est Komorebi. J’ai découvert récemment  BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan et j’ai envie d’en parler. N’hésitez pas à passer une petite tête dans les commentaires, qu’importe pourquoi d’ailleurs. Allez, on accélère tout ça et on lance cet article.


Qu’est-ce que c’est ?

Réalisation : Spike Lee
Scénario : Spike Lee, David Rabinowitz, Charlie Wachtel, Kevin Willmott
Acteurs principaux : John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Topher Grace
Sociétés de production : Blumhouse Productions, Monkeypaw Productions, 40 Acres & A Mule, Filmworks, QC Entertainment, Legendary Entertainment
Pays d’origine : États-Unis
Genre : Biopic, drame, policier
Durée : 135 minutes
Sortie : 2018

Il s’inspire d’une histoire vraie d’infiltration policière du Ku Klux Klan effectuée par Ron Stallworth, qui a consigné le récit de cette aventure en 2014 dans le livre Black Klansman, traduit par les éditions Autrement sous le titre Le Noir qui infiltra le Ku Klux Klan.

En 1978, Ron Stallworth est le premier policier afro-américain de Colorado Springs. Il s’infiltre dans la branche locale du Ku Klux Klan et parvient même à devenir président de la section de cette organisation raciste. Pendant des mois, Stallworth s’est fait passer pour un suprémaciste blanc en participant aux échanges du KKK par téléphone ou par courrier pour ne pas être démasqué. Pour éviter d’être découvert, son collègue blanc et juif Flip Zimmerman prenait sa place lors des événements de ce groupe raciste et antisémite lorsque sa présence était nécessaire. Infiltré, Stallworth réussit à saboter bon nombre de rassemblements et de manifestations du Ku Klux Klan.

Spike Lee fait plus qu’adapter le récit de Ron Stallworth en reliant la période du combat pour les droits civiques aux débats contemporains de l’Amérique de Donald Trump et au mouvement Black Lives Matter et du suprémacisme blanc. BlacKkKlansman se construit en opposition au film Naissance d’une nation (film de D. W. Griffith sorti en 1915). La fin du film présente des images de la manifestation « Unite the Right » à Charlottesville, de la voiture conduite par le militant suprémaciste blanc James Alex Fields fonçant sur la foule au sein de laquelle Heather Heyer trouve la mort, puis la réaction du président américain Donald Trump.

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d’en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le « Grand Wizard » du Klan, David Duke, enchanté par l’engagement de Ron en faveur d’une Amérique blanche. Tandis que l’enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu’une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d’aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.

En cherchant très rapidement sur Netflix avant de démarrer la saison 5 de Brooklyn nine-nine, j’ai vu BlacKkKansman et sa jolie affiche passer devant mes yeux. Et j’ai eu envie de le regarder car j’en avais déjà entendu parler et que ça semblait faire un bon complément à Green Book que j’ai découvert récemment. Et donc, je l’ai regardé évidemment car j’en avais envie et qu’il y a des jolis têtes.


Ce que je n’ai pas aimé :

  • Avancer et être heureux sans pouvoir avancer :

Malheureusement, lorsque le racisme fait partie des moeurs, il faut un travail de fond de longue haleine pour pouvoir essayer d’y changer quelque chose. Et donc, même si le personnage joué par Washington arrive sa mission, s’amuse de sa victoire en la dévoilant à son ennemi indirect et en profite pour faire tomber un collègue extrêmement peu vertueux, il est malheureusement puni en voyant que cette mission n’aura pas de suite. Ça en dit évidemment beaucoup sur la façon de penser des élites blanches qu’on nous présente tout le long du film et c’est agréable d’avoir des victoires un peu plus mitigées mais c’est dommage d’arrêter ce travail important maintenant que l’introduction a été faite.


Ce que j’ai aimé :

  • Le montage parallèle, comme d’habitude :

Si vous me connaissez un petit peu, vous devez être au courant que je suis adepte très profond du parallélisme. Nous arrivons étrangement à un point qui nous rapproche fortement de la fin étant donné que c’est un montage parallèle entre le club et la réunion autour du lynchage de Jesse Washington. C’est tellement drôle et bien trouvé cette construction. Entre les plans sublimes de l’initiation des nouveaux membres de la section locale du KKK, plein de mysticisme et de symbolisme très forts qui donnent des très beaux plans. Et le message profondément humaniste et triste de l’explication importante que nous pouvons suivre grâce à Dumas. C’était évident que le parallèle devait se faire vu la construction importante de ces deux sujets depuis le début mais ça fait vraiment plaisir de voir une telle construction pour mes beaux yeux.

  • Double je :

C’est simplement l’idée de base du film, qui est tirée de la brillante idée de Ron Stallworth, mais qu’est-ce que c’est agréable de voir ça. Voir le personnage de John David Washington jouer au raciste alors qu’il est noir, en plein milieu de son bureau, rempli de personnes qui ne l’acceptent pas vraiment au début justement parce qu’il est noir, crée un décalage furieusement humoristique et puissant. Mais ça l’est tout autant avec le personnage d’Adam Driver qui doit rejeter qui il est pour donner le change lors des échanges physiques. Deux mensonges, deux épreuves qui coûtent beaucoup mais qui ont un rôle vraiment important et qui sont terriblement plaisants à voir par leur décalage.

  • Le pouvoir de la justice :

Si on reprend au milieu du montage parallèle dont je vous ai déjà parlé, je tiens également à mentionner le plan final du petit groupe local du KkK que nous avons suivi. J’apprécie beaucoup comment le karma joue très fortement avec eux, évidemment qu’ils ne sont pas aidé par les deux Ron Stallworth qu’ils ont contre eux, mais je trouve que le destin s’occupe bien plus d’eux que prévu. Comme si finalement, suivre des vrais plans construits permettant de montrer la peur et l’appréhension de ce qu’ils connaissent mal marcherait bien mieux que juste de vouloir se débarrasser directement à cause d’un sentiment de supériorité déplacé.


Ce qu’il me reste à soulever :

  • Un film politique :

Vu les deux films que Blackkklansman cité gentiment en nous en proposant quelques scènes et vu les vrais reportages d’accidents racistes qu’ils partagent, le film est profondément politique et perd à mes yeux son statut de simple objet cinématographique. Il y a de très beaux plans pour les passages importants et la caméra sait bien se poser quand il le faut, il y a autant de l’humour, que du suspens, que des messages importants dans son enchaînement de scènes et on passe un beau moment devant. Mais c’est surtout un film qui frappe par ce plan insensé pour affronter un ennemi autant tapis de l’ombre qu’insensé également. Et l’idée d’avoir assister à une histoire vraie au fond politique aussi important en fait bien plus qu’un outil cinématographique avec lequel j’ai envie de m’amuser à analyser.


15/20


Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me lire. J’espère que vous avez pris autant de plaisir à me lire que j’en ai pris à écrire. Portez vous bien, faites vous plaisir, à Komorebientôt !

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