La puissance du labyrinthe de la mémoire | Souvenirs de Marnie

[Case n°14 du Calendrier de l’Avent]

Bonjour à tous et bienvenue sur le blog de Komorebi pour parler souvenirs, jeu sur le temps, manoir et amélioration depuis Arrietty. Aujourd’hui au programme c’est l’antépénultième étape de mon marathon découverte de Ghibli avec Souvenirs de Marnie. N’hésitez pas à me partager votre avis sur cette œuvre, j’en discuterai avec plaisir. Bref, qu’est-ce que c’est et qu’en ai-je pensé ? C’est parti !

Page des Komoritiques de l’oeuvre


Genre : Animation
Film d’animation japonais
Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Producteur : Yoshiaki Nishimura/ Toshio Suzuki
Scénariste : Keiko Niwa/ Masashi Andō/ Hiromasa Yonebayashi
Studio d’animation : Studio Ghibli
Compositeur : Takatsugu Muramatsu
Licence : Tōhō
Durée : 103 min
Sortie : 19 juillet 2014

Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Synopsis

Mon avis : Souvenirs de Marnie est un film d’animation japonais du studio Ghibli écrit et réalisé par Hiromasa Yonebayashi, sorti au Japon le 19 juillet 2014. L’histoire est inspirée du roman When Marnie Was There de Joan G. Robinson : il raconte l’histoire d’une jeune fille solitaire et sombre, envoyée à la campagne pour soigner son asthme, qui explore les environs et découvre une vieille villa dans les marais. Elle fait la rencontre de Marnie, la fille des propriétaires, qui semble ne pas pouvoir quitter les marais. Le film sort en France le 14 janvier 2015 ; il est diffusé en avant-première à Paris, le 7 décembre au forum des images et le 13 décembre 2014, dans le cadre du festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo.

Souvenirs de Marnie est le 20ème long-métrage des studios Ghibli. Les studios Ghibli se sont inspirés de When Marnie Was There, classique de la littérature britannique de Joan G. Robinson paru à la fin des années 60, pour réaliser le film. Hiromasa Yonebayashi réalise avec Souvenirs de Marnie son second film après Arrietty, le petit monde des chapardeurs. Arrivé chez Ghibli en 1996, il a été intervalliste sur Princesse Mononoké et animateur sur Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant, Ponyo sur la falaise… C’est la première fois que le studio sort un film auquel ne participe ni Hayao Miyazaki ni Isao Takahata. Une rumeur a longtemps annoncé la fermeture de Ghibli après le succès très mitigé de Le Conte de la princesse Kaguya, en 2014.

Pour le producteur exécutif Toshio Suzuki, Hiromasa Yonebayashi a, avec le dessin de Marnie, bousculé les codes du studio Ghibli et a même réussi à surprendre Miyazaki. Il explique : « La Marnie qu’avait dessinée Maro était un personnage possédant une sensualité que personne n’avait encore tentée chez Ghibli ». C’est également la première fois qu’un film du studio met en scène deux héroïnes. Afin de transposer l’histoire de Marnie et Anna de l’Angleterre au Japon, Hiromasa Yonebayashi a réalisé de nombreux repérages sur les côtes japonaises. Il a ensuite créé un village imaginaire, situé au bord de la mer, mêlant ainsi réalité et rêve.

Superviseur de l’animation, Masashi Ando a quitté le Studio Ghibli en 2001, car il ne s’entendait pas avec Miyazaki sur des questions créatives. Il revient treize ans plus tard pour Souvenirs de Marnie, sur le même poste. La chanson du film, Fine On The Outside, a été écrite par la compositrice américaine Priscilla Ahn. Après l’avoir entendue, le réalisateur a déclaré : « Quelque part en Priscilla, Anna existe. J’étais destiné à rencontrer cette chanson ». C’est la première fois qu’une chanson en anglais est utilisée dans un film du studio Ghibli.

Ce film a été pour moi un véritable coup de coeur ! Une pure claque ! Dans la lignée de Miyazaki, Yonebayashi prouve ici qu’il est digne de succéder au Maitre, au sein du célèbre studio Ghibli. Malheureusement, il faut savoir que le film n’a pas eu le succès escompté au Japon, tout comme le précédent film, « le Conte de la Princesse Kaguya », si bien que le studio s’est décidé à ne plus produire de films pour le moment. Surtout que d’ordinaire, les films de Ghibli marchent très bien, avec régulièrement des prix et des nominations prestigieuses. Alors donc, dans le détail, qu’est-ce que ça donne ? Pour commencer, l’intrigue et l’intensité dramatique sont parfaitement dosées et orchestrées, et Yonebayashi nous livre un travail de maitre ! C’est tout simple, du début à la fin, on ne s’ennuit quasiment jamais : le début n’est pas trop long à commencer et l’intrigue est rapidement amenée, avec une première apparition de Marnie arrivant à point nommé, ni trop tôt, ni trop tard, il y a régulièrement des rebondissements, et la fin est superbement amené.

Bref, tout est réuni pour permettre au spectateur de ne pas devoir regarder 30 fois sa montre au cours de la séance. Pour les personnages, j’avoue avoir apprécier autant les principaux que les secondaires. Il y a d’abord bien sûr Anna, qui est très intéressante dans son évolution. D’abord plutôt misanthrope du fait qu’elle vit mal sa condition d’enfant adopté, elle évolue sensiblement au contact de Marnie, devenant progressivement plus amicale envers les autres. Elle est vraiment attachante et ce n’est guère un personnage stéréotypé, car elle est à la fois touchante, de par ses joies et ses peines avec Marnie ou avec les autres, et réaliste, car au fond, elle souffre beaucoup de sa relation troublée avec son entourage et on apprend ainsi à mieux la connaitre et la comprendre. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié sa première réplique.

Yonebayashi a parfaitement réussi à centrer son intrigue sur ce personnage afin de nous faire partager tous ses sentiments, comme si on était nous même dans sa tête, à entendre ce qu’elle pense et ressent, et il n’aurait sans doute mieux traité l’histoire et le personnage d’une autre manière. L’oncle Kiyomasa et la tante Setsu apporte la petite touche d’humour et de bonne humeur. Dès leur première apparition, on sait tout de suite qu’ils vont être drôles, sympas et bienveillants. Certes, ils sont à fond dans le cliché des Japonais campagnards lambdas, et Ghibli nous en a déjà servis plusieurs sur le même genre. Mais honnêtement, ils sont rafraichissants et chaleureux, et m’ont plusieurs fois bien fait rire sur de petits détails dans leurs répliques. Certes, c’est futile, mais ça fait quand même du bien. Yoriko, la mère adoptive d’Anna m’a également interpellé.

La plupart du temps, Anna éprouve pour elle une rancoeur certaine, bien qu’on ne sâche pas trop d’où cela vient. Et pourtant, on voit que sa mère est sincère lorsqu’elle montre son inquiétude pour sa fille adoptive, et du coup, j’ai presque eu de la peine pour elle. Bon honnêtement, pour Sayaka, j’ai un peu bloqué sur ce personnage de par sa représentation un peu petite fille beaucoup trop investie par son enquête sur Marnie. Mais bon, d’un autre coté, on se rend compte qu’une fille du même âge qu’Anna aurait pu légèrement éclipser par moment Marnie, et de cette manière on se concentre d’avantage sur les interrogations d’Anna. Hisako est elle aussi bien traitée, bien que je regrette qu’on ne la voit pas forcément d’avantage. Mais le personnage le plus intéressant reste bien sûr pour moi Marnie, et c’est sans doute ma chouchoute dans tout ce monde !

Chacune de ses apparitions apporte son lot d’explications et d’éléments sur l’intrigue, mais c’est surtout son caractère joyeux et souriant qui m’a interpellé, tout en opposant par moments un aspect plus sombre de sa personne. Elle est souriante, aimante de la vie, tendre, mais il lui arrive de nombreuses fois de paraitre malgré tout triste et malheureuse. Et sa relation avec Anna m’a plusieurs fois mise la larme à l’oeil. Je suis arrivé plusieurs fois à me demander ce qu’elle était réellement, et sa vraie nature. Et j’ai adoré cette façon de traiter le personnage! En tout cas, je suis très surpris de la profondeur incroyable de cette histoire! Moi qui à la base pensait uniquement suivre une histoire d’amitié simple mais sincère, avec à la fin une séparation triste comme on a déjà vu, je suis sidéré devant une telle imagination, et surtout devant la relation presque fusionnelle des deux jeunes filles.

Concernant la fin, j’avoue que j’ai été bluffé! Tout au long du film et au fil des diverses révélations, j’ai tenté de m’imaginer un peu tout et n’importe quoi comme explications. Spoilers : « Mais jamais je n’aurai imaginé qu’il s’agissait en réalité de réminiscences de souvenirs d’enfance de sa grand-mère, que celle-ci lui racontait alors qu’elle était toute petite. Et jamais je n’aurais cru que Marnie était en réalité sa grand-mère. » Et au final, je trouve cette fin tout à fait plausible, je l’aime et c’est au final assez réaliste. Car on progresse d’une première assez sombre et agitée, à une deuxième partie qui gagne en lumière au fur et à mesure, étant stoppé par endroit aux moments-clefs, pour arriver finalement à une fin éclatante en apothéose! Les doubleurs font bien sûr un excellent travail, j’ai d’ailleurs été surpris d’entendre la voix d’Emmylous Homs pour Marnie.

L’animation est également un point que j’ai particulièrement apprécié. Ainsi, on retrouve des images semblables à ce qui se fait d’ordinaire chez Gibhli, et on apprécie, tout en voyant à travers l’empreinte du réalisateur. Yonebayashi nous offre un spectacle graphique apaisant et détendeur la plupart du temps, avec un très beau jeu de couleur, notamment le vert du marais, ou les bleus des scènes de nuit, dans la forêt ou sur l’eau. Mais globalement, on voit tout le travail réalisé derrière, avec notamment de très beaux, riches et détaillés, comme le marais et sa nature foisonnante, les alentours de la maison de l’oncle et de la tante, ou encore la baie et ses très belles couleurs.

En somme, j’ai vraiment passé un moment merveilleux devant ce long-métrage. Le travail sur le mystère autour des souvenirs et du temps est remarquable puisque nous comprenons extrêmement rapidement que nous ne pouvons pas nous fier à nos yeux. Et pourtant, c’est assez dur de deviner là où veut nous mener le film mais le propos me parle terriblement. Animation, scénario, rythme, personnages, je n’ai absolument rien à redire à ce visionnage.

😍


Merci beaucoup de m’avoir lu. N’hésitez pas à me partager votre avis sur ce titre et sur cet article et à me partager tout ça, ça m’aidera beaucoup. On se revoit très vite. Merci à tous, c’était Komorebi !

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