Quête d’identité, folklore et enfants| Le Voyage de Chihiro

Bonjour à tous et bienvenue sur le blog de Komorebi pour parler de quête d’identité, d’enfance, de critique du Japon ainsi que de son folklore. Aujourd’hui au programme c’est le douzième film du studio Ghibli, le premier plus jeune que moi, Le Voyage de Chihiro. N’hésitez pas à me partager votre avis sur cette œuvre, j’en discuterai avec plaisir. Bref, qu’est-ce que c’est et qu’en ai-je pensé ? C’est parti !

Studio Ghibli (12/22)


Chihiro, dix ans, a tout d’une petite fille capricieuse. Elle s’apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure.

Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s’ouvre un long tunnel. De l’autre côté du passage se dresse une ville fantôme. Les parents découvrent dans un restaurant désert de nombreux mets succulents et ne tardent pas à se jeter dessus. Ils se retrouvent alors transformés en cochons.

Prise de panique, Chihiro s’enfuit et se dématérialise progressivement. L’énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l’univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, qui arbore les traits d’une harpie méphistophélique.

Synopsis

Mon avis : Miyazaki écrit le scénario en s’inspirant de la fille de son producteur associé Seiji Okuda qui vient lui rendre visite chaque été. Il y développe plusieurs thèmes qui lui sont chers, dont l’intégration par le travail collectif, le voyage initiatique, le renouement avec les valeurs ancestrales (notamment le shinto) et le danger de la société moderne pour la nature et les traditions.

Le Voyage de Chihiro fut le plus grand succès de l’histoire du cinéma japonais, avec 23 millions de spectateurs au Japon et 274 millions de dollars de recettes dans le monde. Acclamé par la critique internationale, le film est considéré comme l’un des meilleurs des années 2000. Il remporte plusieurs récompenses, dont l’Oscar du meilleur film d’animation et l’Ours d’or du meilleur film de 2002.

Mais assez parlé du fabuleux palmarès du Voyage de Chihiro, il est temps de voir ce qui m’a marqué et ce que j’ai retenu. Ai-je passé un bon moment ? Qu’en ai-je retenu ? Déjà, j’ai réussi à regarder les deux heures d’un coup alors que j’étais crevé dès le départ à 23h45. C’est donc plutôt bon signe.

Le réalisateur explore les liens entre modernisme et tradition au Japon. Il illustre les dérives du capitalisme et de la globalisation entraînant une perte d’identité culturelle, qui se manifeste par un individualisme, un égoïsme et un consumérisme insatiable radicalement opposés aux valeurs ancestrales du peuple japonais. Je trouve ça plutôt marquant que les personnages liés aux péchés soit punis souvent de manière bien visuel. Le film commence donc fort sur quelques transformations et me donne vraiment envie de voir jusqu’où il peut aller.

Chez le réalisateur, l’identité doit être comprise tant comme la quête de soi que la compréhension de ses liens avec la communauté, la société et la nature. En effet, on se construit tout autant par soi-même que par ce qui nous entoure. L’adolescence est d’ailleurs compliqué pour ça car le personnel commence à remplacer le parental. C’est un propos très intéressant, qu’on retrouve souvent dans les longs-métrages du studio Ghibli et qui me parle beaucoup. Et c’est aussi grâce aux nuances qu’offrent ces thèmes aux personnages que j’apprécie toujours une bonne partie de ces films.

En puisant dans les traditions millénaires, notamment le shinto, ainsi que ses propres souvenirs, Miyazaki montre la possibilité d’un lien avec le passé permettant aux jeunes de reconstruire une identité plus forte et collective, car sans attaches ni passé, l’homme autant que la société sont voués à disparaître. Miyazaki décrit dans le projet initial le but du film ainsi : « Nous devons informer la jeunesse japonaise de la richesse de nos traditions. ». L’héritage est une notion importante dans la vie et est bien mentionnée par la différence de monde de Chihiro et par les pontes de ce monde.


J’ai perçu la scène du train comme l’une des plus fortes du film par la nostalgie et la poésie qu’elle dégage. Dans le vieux wagon, les fantômes de voyageurs rentrent « à la maison » à la campagne tandis que seule Chihiro et ses compagnons sont pleinement colorés. Pour Miyazaki, ce voyage en train constitue la fin réelle du film, Chihiro ayant achevé son évolution en « héroïne miyazakienne ». C’est un passage vraiment important de son voyage initiatique qui montre vraiment à quel point elle a évolué au cours de ce voyage dans l’imaginaire. Et nous voyons également qu’il n’y a ni bien ni mal mais bien juste des points de vue différents qui peuvent finir par s’entendre.

D’ailleurs, c’est drôle mais la mise en scène de ce voyage s’inspire directement d’un passage du Tombeau des lucioles d’Isao Takahata, cofondateur du studio Ghibli avec Miyazaki.

Tiens d’ailleurs, est-ce que ce film ne ressemblerait pas à une autre œuvre de Miyazaki ? Le Voyage de Chihiro illustre certains thèmes récurrents du cinéma de Miyazaki, notamment le travail collectif, le respect de l’environnement, le voyage et l’intégration. Le film qui en est le plus proche est Kiki la petite sorcière : à l’instar de Chihiro, Kiki doit s’intégrer sans l’aide de ses parents dans un nouvel endroit et dans le monde du travail. Cependant, Kiki est volontaire et enjouée à l’idée de partir, alors que Chihiro reste passive et craintive, déménageant puis étant transportée dans le monde des esprits contre son gré. Les deux films reposent également sur un schéma opposé : Chihiro est une humaine voyageant dans un monde surnaturel tandis que Kiki est une sorcière s’établissant dans une ville humaine.

En somme, il s’agit d’un film bien dense et bien complet répondant encore une fois aux très bons codes d’Hayao Miyazaki. On a des personnages nuancés, un univers surnaturel qui est visuellement marquant, une question d’héritage et de construction de soi. Les personnages fonctionnent bien et sont particulièrement touchants vu la difficulté de l’univers dans lequel ils vivent. Mention spéciale au personnage de Yubaba dans jamie autant le style que le caractère ! Un grand passage dans mon voyage avec les longs-métrages du studio Ghibli.

Note : 5 sur 5.

Merci beaucoup de m’avoir lu. N’hésitez pas à me partager votre avis sur ce titre et sur cet article et à me partager tout ça, ça m’aidera beaucoup. On se revoit très vite. Merci à tous, c’était Komorebi !

14 commentaires

  1. […] Nausicaä de la Vallée du Vent – Le château dans le ciel – Mon voisin Totoro – Le Tombeau des lucioles – Kiki la petite sorcière – Souvenirs goutte à goutte – Porco Rosso – Je peux entendre l’océan – Pompoko – Si tu tends l’oreille – Princesse Mononoké – Mes voisins les Yamada – Le Voyage de Chihiro […]

    J’aime

  2. Il y a plus de 10 ans, la fille avec qui je sortais à l’époque avait absolument voulu me le faire regarder un soir, j’ai fait ce qu’on appelle une Komorebi avant l’heure puisque je me suis endormi devant au bout de 5 minutes.

    Du coup je ne l’ai jamais vu 😅

    Aimé par 1 personne

    • C’est pas juste, je me suis relié tout seul au fait de s’endormir devant des films 😣 alors que c’est juste que je les lance juste avant minuit 🤷🏻‍♂️
      Après, avec 5 minutes de film, tu peux presque avoir un avis pertinent sur le film 😋

      Aimé par 1 personne

      • J’ai beaucoup aimé cest 5 premières minutes de film qui étaient très fluides et pas ennuyeuses, ce qui n’est pas si facile que ça sachant que Valerian a fait l’exploit de m’ennuyer dès sa séquence d’ouverture !

        Aimé par 1 personne

      • Ah ça arrive les séquences d’ouverture ennuyantes. Même dans des films que j’aime.
        Je n’ai pas d’exemple en tête mais je suis presque sûr que ça existe 🤔

        Aimé par 1 personne

  3. Oui, je pense aussi. Concernant Valerian je l’ai trouvé chiant du début à la fin, mais même dans des films que j’aime il faut parfois du temps avant que ça se lance. Genre Star Wars episode 1, tant qu’on est pas sur Tatooine je m’en fous un peu de ce qui se passe.

    Aimé par 1 personne

    • Surtout que je n’ai pas encore ralenti même si avec les deux gros articles de cette semaine, mes vacances passées et ma rentrée qui arrive, ça ne saurai tarder.
      Il y a une bonne partie de ces films que je reverrai volontiers !

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s